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De l’usage correct des plantes chamaniques

Aïe… les plantes chamaniques… Sujet hautement controversé… Qu’est-ce qu’il me prend d’ailleurs d’en parler sur mon site… Je vais me faire emmerder par la police moi… Et oui, l’usage des plantes psychotropes est strictement interdit par la loi. Et leur apologie est condamnable.

Certes! Et c’est bien là le point important: cet article n’est pas une apologie des plantes chamaniques. En fait, je déconseillerai même à la plupart des gens d’en faire l’usage. Car ces plantes peuvent potentiellement vous mettre la psyché sens dessus dessous pour un certain temps. Et c’est pour cela qu’elles sont interdites.

Pourtant comme souvent (sinon toujours), ce n’est pas le produit qui est dangereux en lui-même, mais l’utilisation qui en est faite. Correctement utilisées, les plantes chamaniques ont un potentiel de guérison qui commence à peine a être redécouvert par la science moderne. Elles sont par ailleurs non-addictives.

Halte à l’hypocrisie donc, surtout à une époque où plus d’un quart de la population française a déjà fait usage des psychotropes légaux (antidépresseurs, anxiolytiques, etc…) et que  11% en sont mêmes des utilisateurs réguliers. Car croyez-le ou non, ces produits font bien plus de dégâts (sans compter l’alcool, le tabac ou la malbouffe).

hallucinogènes

Dans les faits, les plantes hallucinogènes restent largement accessibles. D’ailleurs elles ont le mauvais goût de pousser dans le moindre carré de verdure. Faut-il interdire le gazon? Pire, l’interdiction constitue en soi un appel à la transgression pour beaucoup de gens, qui ont déjà des milliers de bonnes raisons de se méfier des règles établies.

A partir de là il y a deux stratégies. Celles des pouvoirs publics qui consiste à dire “C’est pas bien et vous irez en prison”. Et puis la stratégie qui consiste à dire “de toute façon on sait que vous allez le faire quand même, donc autant vous donner les clés pour ne pas vous ramasser”. 

Mieux vaut en effet prévenir que guérir… Ayant fait l’expérience dans mon jeune âge de plusieurs de ces plantes, j’ai pensé rappeler ici quelques notions basiques concernant leur usage.

Garder à l’esprit l’aspect sacré de l’expérience

Le terme “sacré” a bien entendu une connotation spirituelle. Cela dit, a un niveau très basique, le caractère sacré des plantes chamaniques réside également dans leur capacité à vous refiler un ticket en aller-simple pour la psychiatrie. Si cela ne suffit pas à vous imposer un certain respect, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

Connecter les aspects les plus profonds de votre inconscient et lever en un temps record toutes les barrières névrotiques et psychotiques que votre psyché a mis en place pour vous permettre de fonctionner correctement dans la société profondément débile qui vous entoure n’est pas une expérience à prendre à la légère.

Les chamanes considèrent que chaque espèce de plante à sa propre personnalité et qu’elles doivent être considérées en tant qu’entités conscientes à part entière. Ce qui signifie également que ça peut bien se passer avec certaines plantes, et possiblement moins bien avec d’autres.

Cela dépendra de plusieurs facteurs: (1) votre niveau d’évolution personnel, (2) l’état d’esprit avec lequel vous aborderez la plante, et (3) des circonstances intérieures (niveau vibratoire) et extérieures au moment de l’expérience proprement dite (le “set and settings” comme disent les anglo-saxons).

Ces plantes ont le potentiel de vous montrer le chemin de votre paradis intérieur mais aussi celui de vous envoyer en enfer. Et l’expérience peut perdurer bien au delà de la prise proprement dite. Avec des séquelles ou des bénéfices plus ou moins pérennes. Autant faire les choses correctement donc…

Il est également possible de passer par une phase d’intégration dans les semaines voire les mois qui suivent l’expérience avec la plante chamanique, phase d’intégration qui s’apparente à la nuit noire de l’âme suivant normalement les expériences d’éveil spirituel spontanées.

A ce stade de l’article, vous l’avez sûrement déjà compris mais je vais quand même le poser clairement: les plantes chamaniques n’ont rien de substances récréatives qu’on prend avant d’aller boire et faire la fête en boîte de nuit… Çà n’est juste… pas la bonne vibration pour ce type d’expérience!

Les personnes appropriées

Les plantes chamaniques provoquent un élargissement du champ de conscience. Elles fonctionnent donc aussi comme des amplificateurs de perception. Pensées, émotions, interaction avec les autres humains… Tout est plus intense.

C’est donc a priori le genre d’expérience à éviter si vous êtes déjà au fond du trou (état dépressif, pensées suicidaires, grosses difficultés matérielles, etc…).

C’est aussi le genre d’expériences qu’il faut éviter de réaliser avec des personnes que vous n’appréciez pas ou avec lesquels vous avez des contentieux non réglés. Choisissez plutôt des gens avec qui vous avez une relation harmonieuse.

La présence d’une personne psychiquement stable et expérimentée, qui connaît la plante ou qui est déjà éveillé aux états de conscience qu’elle provoque, est aussi chaudement recommandée.

L’endroit adéquat

L’endroit dans lequel aura lieu l’expérience est important. Le milieu urbain est généralement trop stressant (et énergétiquement toxique) pour que l’expérience se déroule au mieux. Prendre des plantes chamaniques si vous suffoquez dans un 10 mètre carrés au sommet d’un immeuble n’est pas une très bonne idée…

Rien ne vaut la pleine nature ou la campagne. C’est comme ça… Nous sommes des chimpanzés après tout (même encravatés avec un smartphone à la main). A défaut d’être en pleine nature, il vous faut un endroit confortable, un cocon où vous vous sentez confortable et où vous ne serez pas dérangé.

La préparation

Les plantes chamaniques se consomment seules, c’est à dire sans interaction avec d’autres psychotropes tels que l’alcool par exemple. Dans le même registre, se “purger” de tout excitant (café, alcool,…) plusieurs jours avant l’expérience, voire passer sur un régime végétarien est la garantie d’avoir une expérience plus “lumineuse”.

C’est obligatoire dans le cas de l’ayahuasca, mais aussi valable pour les autres plantes. C’est de manière générale une question de niveau vibratoire et reflète de la même approche que celle utilisé par les yogis et les méditants quand ils entrent dans une phase “d’élévation spirituelle” longue impliquant entre autres de jeûner.

Comme toute pratique psycho-physiologique (sport, méditation, jeûne…), les plantes chamaniques ne constituent en rien une solution miracle en elles-mêmes. Elles sont juste un outil parmi d’autres. Un outil puissant (donc potentiellement dangereux), mais qui ne remplace en rien un mode de vie équilibré.

Conclusions

User de plantes chamaniques pour travailler sur la psyché, c’est un peu comme la chirurgie: vous voulez éviter que l’intervention parte en vrille, mais vous voulez aussi éviter les problèmes post-opératoires et, tant qu’à faire, que ça vous serve à quelque chose! Pour ce qui est des plantes, l’idée étant qu’elles vous aident à avancer.

Les plantes chamaniques ont le potentiel de faire remonter à la surface des blessures émotionnelles et des processus mentaux enfouis dans l’inconscient de longue date et de les dissoudre. Mais si l’expérience se passe mal, il est également possible qu’elles introduisent de nouveaux traumas dans la psyché.

Déroger aux conseils détaillés dans cet article n’impliquera pas forcément que l’expérience se passe mal ni que vous vous finissiez en psychiatrie (dans les faits cela reste extrêmement rare), mais dégradera fortement l’expérience et son potentiel de guérison psychique.

C’est ce qui fera la différence entre le chimpanzé alcoolisé qui consomme une “plante magique” et se souviendra à peine de l’expérience le lendemain (voire se sera abîmé la psyché sans même s’en rendre compte), et l’humain qui va approcher “l’absolu” avec respect et humilité, avec tout ce que ça implique en termes d’évolution personnelle.


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