fbpx

Expériences – La Kundalini côté obscur

Le contexte

Pour comprendre la suite des événements, il faut que le lecteur s’imagine le contexte très particulier dans lequel je me trouvais. Le paradis tropical dans lequel je me trouvais comptait à peu près 20000 habitants dont seulement 4000 étrangers. Parmi ces étrangers, un quart seulement étaient occidentaux.

Sur cette île pullulait un certain nombre de sectes chrétiennes radicales (le genre apocalyptique), en train de remplacer progressivement les croyances animistes indigènes, cependant encore très présentes. Un sacré mélange, c’est le cas de le dire…

Un endroit où les junkies se dézinguaient à coups de machette ou de fusils sous-marins. Trafic d’humain, prostitution organisée, trafic de méthamphétamines, corruption politique… Et 3-4 grosses familles millionnaires tirant les ficelles ou du moins couvrant le business.

Bref tout ce qu’on peut trouver ailleurs mais concentré sur un caillou vingt fois plus petit que la Corse et quasiment coupé du monde extérieur… Un endroit paradisiaque pour les touristes mais dont les expatriés s’accordent à dire qu’il rend fous ceux qui y restent trop longtemps.

Réveiller “accidentellement”  la Kundalini dans un pareil endroit n’a pas tout à fait les mêmes conséquences que d’en faire une expérience contrôlée dans un ashram ou un temple bouddhiste, sous la protection bienveillante d’un initié…

Au delà des apparences, chaque société a un aspect “far-west” où tous les coups sont permis.

Jusqu’ici tout va bien…

Les premières semaines de cette montée de Kundalini furent vraiment plaisantes… J’apprenais beaucoup sur les capacités de guérison de l’humain et ses facultés psychiques. Ayant déjà fait une expérience mystique vers la vingtaine et familier avec les états de conscience modifiés, je ne m’inquiétais pas et me laissai porter par cette vague d’énergie inépuisable.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, je continuai de travailler normalement sans éveiller trop de soupçons… Je contournai quelques lourdeurs administratives et leurs zélotes pour établir de nouvelles connexions, notamment avec les chefs traditionnels (des appuis clés dans un projet de conservation), et recrutait des étudiants hors pair.

C’est aussi à cette période que le projet se faisait évaluer. C’est passé comme une lettre à la poste avec félicitations du comité. En plein milieu d’un éveil de Kundalini, je passai de 30000 à 60000 dollars US par an de budget. J’étais réellement à 300% de mes capacités, quitte à épuiser voire énerver certains de mes collaborateurs!

Ayant compris avec dégoût que le projet dans lequel j’étais impliqué relevait plus d’une stratégie néocolonialiste que d’un réel souci environnemental ou philanthrope, j’ai utilisé cette information pour prendre le dessus sur mon administration… Rien que ça ahah! Rien ne pouvait plus m’arrêter. Ou du moins c’est ce que je pensais…

Car dans ce monde, quand on cristallise un ego spirituel jusqu’à la prise de pouvoir, l’Univers vous envoie un “agent Smith” pour vous calmer. Si vous en venez à bout, il vous en enverra dix. Et si les agents Smith ne suffisent plus, il vous enverra d’autres… “choses”. Pour ma part les premiers “gatekeepers” se seront manifestés au travers de la mafia locale….

Le feu sacré des yogis, des alchimistes et des sorciers. Pourtant jusqu’ici tout va bien.

Là où je commence à creuser mon propre trou

Je ne sais pas ce qui m’a pris ce jour où j’ai été voir les dealers de méthamphétamine, dont j’avais certains en classe de biologie, pour leur dire que s’ils ne se rangeaient pas j’irais voir leur parents avant de les tirer par l’oreille jusqu’à la salle de classe.

L’info est vite remontée en “haut lieu” comme on dit… Le lendemain ma voiture disparaissait pour deux jours. Alors que j’avais laissé les clés dans mon living-room! Premier avertissement. Cela ne suffit pourtant pas à me calmer. Je commençai même à parler du cartel à qui voulait l’entendre.

Au niveau subtil, j’ai balancé des énergies terribles ce jour là, prenant l’univers à témoin. Au vu de l’état de conscience et du niveau énergétique auxquels j’évoluais, nul doute que les retours à mes attaquants ont du être conséquents. Deux jours plus tard, ma voiture était de retour sur mon parking et les clés dans mon appartement.

C’est alors que s’est produit un autre événement incroyable. Un ou deux jours plus tard, je me suis retrouvé à dîner avec un collègue dans un des restos les plus populaires de l’île. Ce dîner était à la fois un conseil de guerre et une célébration de nos succès. Mon ami et moi avons été traités comme des rois ce soir là. Lui, docteur en ethnobotanique et natif de l’île, exultait.

C’est alors qu’il m’a demandé: “Que vas tu faire maintenant”. J’étais incrédule: “Comment ça qu’est ce que je vais faire? Tu parles de la réunion au labo de demain?” Il a éclaté de rire: “Merde à la réunion! Tu vois ces bateaux derrière nous?” dit il, se retournant vers une rangée de 4 yachts de luxe de  25  mètres chacun.

“On emmène des filles et on sort faire la fête en mer quand tu veux. On a gagné! On est les rois… Fini de bosser!”. De la coke et des prostituées… Voilà ce qu’on me proposait… Le patron était assis quelques tables plus loin, confiant, montre en or au poignet et sourire mielleux, dans l’attente de ma réaction…

OK… On a compris… Calmez vous jeune homme… Il y a sûrement moyen de trouver un arrangement…

Embrouilles entre Terre et Ciel

C’est alors que je compris. Les propriétaires de ce resto étaient issus d’une des familles les plus puissantes et les plus fortunées de l’île.  L’argent du restaurant et de la boutique associée ne pouvait suffire à acheter de tels yachts. Cette famille était impliquée au plus haut niveau dans le cartel de méthamphétamine…

J’étais en train de marcher sur leurs plates-bandes et on m’offrait des faveurs afin que je me range avant de faire plus de dégâts sur leur business! La situation était clairement en train de me dépasser et pour la première fois je rentrai chez moi inquiet.

Quelques jours plus tard, c’est mon passeport qui disparaissait, alors que je l’avais soigneusement rangé dans une armoire dans ma chambre. J’ai déposé plainte… Les policiers m’ont ri au nez, gênés mais parfaitement conscients dans leur sagesse locale que j’avais sûrement dépassé les bornes pour en arriver là et qu’il n’était pas prudent pour eux de s’en mêler.

L’officier en charge m’a conseillé de m’adresser à la  représentante consulaire, qui n’était autre que la femme du chef du cartel de méthamphétamines! Je suis allé la voir comme si de rien n’était, en jouant le bon garçon naïf. Elle a écouté ma requête et m’a dit à la fois froide et suave qu’elle allait voir ce qu’elle pouvait faire.

Mon passeport réapparaissait dans les jours qui suivirent, posés sur le canapé de mon salon. Ce jour là, il était clair que quelqu’un entrait et sortait de mon appartement à sa guise. Grosse parano.

Tu vois mon ami… Dans la vie il y a deux types de personnes, ceux qui tiennent le pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi tu creuses. – Le Bon, la Brute et le Truand

Sans savoir si la représentante consulaire y était pour quoi que ce soit, j’allais l’informer dans sa boutique que d’une manière ou d’une autre mon passeport m’était revenu. De bonne humeur, je craquai au passage pour un magnifique t-shirt qui venait juste de sortir. Un t-shirt noir avec 2 raies manta en impression. 40 dollars. Pourquoi mentionner le t-shirt? Vous allez vite comprendre.

Le soir même, j’allais célébrer le retour de mon passeport dans un resto local. Alors que je sortais du restaurant, je demandais l’heure à trois locaux qui attendaient dehors en me tournant le dos. Au moment où ils se sont retournés, j’ai constaté que tous les trois avaient la dentition ravagée par la méthamphétamine.

Tous les trois portaient le même t-shirt que je venais d’acheter le jour même. Un t-shirt noir avec 2 raies manta. Un t-shirt qui venait d’être mis en rayon et que 3 junkies ne pouvaient vraisemblablement pas s’offrir. Ils m’ont violemment agressé verbalement sans raison apparente. Je les vus se transformer en démons. Littéralement. Ah ah..

Il est de ces endroits dans le monde où la vie ne vaut pas cher et où faire taire un empêcheur de tourner en rond ne coûte guère plus qu’un t-shirt et quelques grammes de méthamphétamine. Ce soir là je n’ai évité la confrontation physique que de justesse et me suis rapidement éloigné. Avant qu’une pluie diluvienne ne s’abatte…

Il y a eu d’autres intimidations et d’autres agressions, dont une au couteau… Ce que je retranscris ici ne représente qu’un dixième de mon expérience. A la fois sur le plan matériel et sur le plan subtil. En dehors du cartel de méthamphétamines, c’est un véritable nid de guêpes qui s’est abattu sur moi.

Ouch… ça se gâte…Même si peu en parlent, c’est pourtant le passage obligé de chaque initiation mystique dans le monde profane…

J’ai également eu des démêlés avec une autre famille de millionnaires, impliquée quant à elle dans la politique locale de longue date, et dont on m’avait dit à mon arrivée sur l’île trois ans auparavant de me méfier, parce qu’ils pratiquaient la “magie noire”. A l’époque j’avais bien ri et ignoré le conseil. D’une certaine manière, ils m’avaient même pris sous leur aile…

Mais alors que ma situation se détériorait et que je me rendais progressivement compte de leur rôle sur l’île, j’ai compris que l’estime que je leur avais portée jusque là leur servait de validation publique. C’est quand j’ai cherché à me libérer de leur influence que j’ai alors fait l’expérience d’attaques énergétiques particulièrement puissantes.

En gros, ça a vite tourné au combat de sorciers. Grosse remise en question de toutes mes certitudes de scientifique et un sacré apprentissage des lois de l’Univers. Sans rancune aucune donc. Après tout, ça n’est pas donné à tout le monde de s’initier à la magie en se frittant directement avec ceux que certains qualifieraient d’Illuminati (et en “mourant” dans le processus)…

J’ai une dernière anecdote qui témoigne du pétrin dans le lequel je m’étais fourré. Un jour, un local, le genre gangster à la petite semaine mais gentil, que j’avais l’habitude d’inviter pour boire une bière et savoir les potins locaux, est arrivé chez moi dans un état assez bizarre. Agité et stressé.

Alors que j’étais en train de regarder par la fenêtre, il s’est retrouvé dans mon dos, le visage déformé par un rictus hideux et hésitant à me défenestrer du 4ème étage. Je restai calme et le regardai au plus profond des yeux. “Qu’est ce que tu fais?”, lui demandai-je. Il a baissé les yeux rapidement et m’a lâché, gêné: “Ils m’ont promis 25000 dollars”

“Qu’est-ce tu fous là toi?” “Tu m’as appelé…” “Mais non je t’ai pas appelé…” “Si si… Je t’assure…”

La “lumière” locale auto-proclamée aura également bien contribué à cette descente aux enfers. Ses représentants, pour la plupart des chrétiens un poil sectaires et radicaux, étaient trop contents d’avoir trouvé un idiot pour mener une croisade contre le cartel. Que j’y laisse des plumes voire que je finisse en martyre ne leur posait aucun problème.

Comme le dit un bon ami à moi, “il est parfaitement autorisé de mettre son doigt dans le cul du Diable, mais l’idéal est de l’en enlever avant qu’il ne se retourne”. Ce que je n’ai pas su faire alors. Que j’en sois sorti indemne relève de synchronicités incroyables. Plusieurs fois un orage soudain aura éclaté ou une pluie torrentielle se sera abattue au moment critique.

Au niveau subtil, plus je m’enfonçais dans ma petite croisade, plus je prenais des retours énergétiques négatifs et plus mon existence s’alignait sur les plans de réalité correspondants. J’ai mis du temps à me rendre compte qu’à force de contre-attaquer psychiquement mes agresseurs, j’étais moi-même en train de basculer du côté obscur.

Le chemin vers l’enfer est toujours pavé de bonnes intentions et “à lutter contre le démon, c’est exactement ce qu’on qu’on devient”. J’étais en train d’incarner l’étincelle du chaos primordial! Mes “bonnes intentions” étaient en train de complètement déstructurer “l’écosystème” local et logiquement l’écosystème en question se préparait à m’éjecter…

Après avoir fait l’expérience du paradis sur Terre, j’étais donc en train de descendre aux enfers. Cela dit, j’imagine que l’un ne va pas sans l’autre après tout et d’une certaine manière je pense que ça faisait partie du processus. J’ai donc eu à ce moment ma part de connexions médiumniques avec les défunts et d’autres entités qu’on qualifiera de “négatives”.

Rejoint le côté obscur de la Force, jeune padawan… on a des cookies! Hmmm les bons cookies…

Une expérience qui m’a permis de comprendre la nature des mythologies passées et contemporaines, même si je me garderais bien de “poser une forme” sur ces “entités”… Cela dit au passage, elles m’ont posé moins de problèmes que le cartel, puisque j’étais encore capable de les traiter comme des hallucinations, alors que le cartel était lui bien réel…

Ce qui est fascinant, c’est que les 3 premières semaines de cet éveil de Kundalini, j’avais été porté par une vague  d’énergie incommensurable.  Tout marchait pour le mieux et rien ne semblait impossible. Quelque chose de ni complètement intérieur ni complètement extérieur. En fait une symphonie entre les énergies que j’émettais et ce que l’univers me renvoyait.

Et soudainement cette même énergie semblait se retourner contre moi. Comme si l’univers entier se dressait contre moi. Pourtant encore une fois, la situation extérieure ne faisait que refléter mes états d’âme intérieurs! Un exemple proprement hallucinant de la loi de l’attraction à haut niveau de conscience et d’énergie! Manifestation immédiate et karma instantané!

Il ne va pas sans dire que ces histoires ont commencé à sérieusement impacter ma vie professionnelle. Je suis devenu alors irritable et j’ai commencé à parler sans filtre, à avoir de grosses sautes d’humeur et à être désagréable avec des gens qui ne m’avaient rien fait. A posteriori je me dis qu’en France ça serait passé; au pire on m’aurait donné des congés et demandé d’aller me calmer.

Mais quand on travaille avec des Japonais dans un pays en voie de développement et un contexte multiculturel, tout est différent. J’avais toujours été un modèle de diplomatie et de force tranquille, et pourtant en quelques semaines je suis rapidement passé au statut de mouton noir.  Il était plus que temps que cette mission se termine et que je rentre au Japon.

Le pays du soleil levant

Retour à la civilisation et conséquences à retardement

Aussitôt rentré au Japon, tout s’est très vite calmé… J’y ai retrouvé mes collègues et mes amis. Oh j’étais encore traversé par le feu de la Kundalini mais sans les problèmes que je m’étais créés sur île, j’étais très apaisé. Et puis le Japon, un pays les plus sûrs et les plus paisibles du monde, est un endroit très propice à retrouver sa zénitude perdue.

Après un mois de repos et alors que je me préparais à retourner sur mon île, mon boss m’a informé, gêné, que mon départ était bloqué sur requête de l’administration locale et que je devais auparavant passer par une expertise psychiatrique. Ouch… Et là je me suis dit: “Merde, manquait plus plus que l’Inquisition et ses maîtres à faire penser droit…”

Je ne l’ai pas très bien pris et j’ai immédiatement offert ma démission. Mes collègues ont fait bloc autour de moi. Particulièrement mon directeur, un type qui avait une certaine ouverture d’esprit et qui à sa grande époque s’était lui aussi retrouvé dans une sombre histoire impliquant les yakuzas. Le seul à qui j’avais pu raconter les détails de ce qui m’était arrivé.

Si mes collègues n’ont pas réussi à faire infléchir l’administration, ils ont quand même  réussi à me convaincre de rester, me promettant que la case psy serait une simple formalité. J’ai donc contacté un psychiatre à Tokyo. Un américain, pensant qu’il aurait été plus facile d’exprimer les subtilités de mon expérience en anglais qu’en japonais. Un ponte de renommée internationale…

Bien entendu je n’ai pas tout raconté à ce psy… Dès le début il était clair pour moi que parler de mes expériences mystiques avec un psychiatre n’avait pas plus de sens que de demander des conseils en matière de sexe à un curé. Ayant par ailleurs étudié la psychologie avant de devenir biologiste, je ne connaissais que trop bien les diagnostics associés à mes expériences et leurs conséquences dans le monde des moldus.

A ce propos, il faudra qu’on m’explique un jour comment des gens qui n’ont jamais fait l’expérience des réalités alternatives peuvent prétendre être d’une aide quelconque aux psychotiques. Il y a des choses qui ne s’apprennent pas dans les livres. Un stage de chamanisme devrait être obligatoire pour tous les apprentis psychiatres…

Hors de question aussi de lui parler de mes embrouilles avec la mafia locale: si l’histoire était remontée en haut lieu, j’aurai été interdit de retourner au travail pour des raisons de pure sécurité. J’ai donc cantonné mon récit à un craquage pour cause de stress.

Alors qu’il me demandait si j’avais du mal à me concentrer sur des tâches que j’estimais inutiles et que je répondais oui, il aura quand même essayé de me poser le label TDAH (Trouble de Déficit de l’Attention / Hyperactivité) et de me refiler je ne sais plus trop quel médoc… Après seulement 45 minutes d’interview… Ah le con…

Ce à quoi je lui aie répondu: “Cher docteur, ne pas avoir envie de perdre son temps sur des tâches ennuyeuses ou inutiles, dans mon pays on n’appelle pas ça TDAH, on appelle ça être intelligent et on ne prend pas de médicament pour ça.”

“Laissez moi vous aider…” “Hmm… je crois que ça va aller… Merci quand même hein…”

Il me répliqua que nous autres Européens, nous étions, comme les Japonais, sous-médicamentés. Il faut bien comprendre que ce monsieur avait des parts chez Big Pharma et ne s’en cachait pas. Pour lui tout passait par la chimie…

Le fait que je sois adepte de sports de son point de vue extrêmes (plongée, apnée, escalade et surf) et le nombre de partenaires que j’avais eu dans ma vie faisait aussi partie de son diagnostic. La bonne blague. Lui avait un balai dans le cul long comme le bras et je ne résistai pas à le mettre face à face avec ses propres névroses, jusqu’à l’agacer puis le désarçonner complètement… Non mais…

Son collègue psychologue, avec qui je communiquais par email, était beaucoup plus sympa. Et assez ouvert pour que je lui dise rapidement: “Vous savez docteur, je pratique la méditation de longue date et ces temps ci, j’ai pas mal joué avec ma physiologie. Je pense être passé par ce que les yogis appellent un éveil de Kundalini”.

Il a éludé le sujet et m’a répondu succinctement: “Si vous voulez avoir votre ticket de retour au travail le plus rapidement possible, je vous suggère de ne pas rentrer dans les détails de votre expérience avec mon collègue”. Incroyable!

Suivant son conseil, j’obtenais rapidement une lettre officielle disant que j’avais traversé une phase de burn-out suite à quelques changements physiologiques et d’un stress intense au travail, mais que j’allais bien et étais près à reprendre mes activités.

Ah Big Pharma et ses pilules à éteindre le cerveau… Pas pour moi merci…

La lettre n’aura pas suffit. Un administrateur du genre super zélé resté sur l’île aura posé son veto et demandé que ça passe par l’université.

Il faut dire qu’un jour où j’étais particulièrement échauffé, je lui avais fait remarqué publiquement que quand on est impliqué dans un projet de conservation marine, il n’est pas de très bon ton de s’afficher ouvertement chasseur de tortues sous-marines ni d’essayer de se procurer de la chair de dugong (en danger critique d’extinction) au marché noir… Il prenait donc sa revanche…

Rebelote donc… Je rencontrai le psy de la fac, qui me dit que je suis parfaitement normal et que c’est d’ailleurs ce que tous mes collègues qu’il avait interviewé (!) sur place pensaient. Puis le doyen, avec qui la discussion est très cordiale et qui m’informe qu’il fera son possible pour que je reparte aussi vite que possible.

Il me glisse quand même que l’administration dont je dépend à l’étranger est clairement en train d’essayer de me pousser à bout afin de me pousser à démissionner. Je me retrouve donc en quelque sorte ballotté entre mes collègues qui veulent absolument me garder et une administration qui essaye de me virer.

J’ai alors lâché quelques éléments au sujet de mes démêlés avec le cartel. Histoire quand même de me dédouaner un peu. La problématique de ma “santé mentale” s’est alors transformée (comme je l’avais anticipé) en une problématique de sécurité qui s’est négociée entre l’administration japonaise et celle de l’île où je travaillais.

Plutôt que des médicaments, un peu de sport suffira…

Quatre mois supplémentaires sont passés, sans que la situation n’évolue. J’ai eu à cette période la chance de rencontrer une femme adorable, à qui le récit de mes aventures et mésaventures donnait des fous rires que je ne tardai pas à partager. Finir sous la couette après avoir réalisé que tout cela n’avait décidément aucun sens aura sans aucun doute possible été la meilleure des thérapies.

Après 4 mois, j’étais finalement invité à voir un quatrième psy pour confirmer mon retour. Après une heure de discussion, il m’informa que d’après mon dossier je n’étais ni psychotique ni même TDAH. En six mois, j’aurais en tout et pour tout parlé avec les psy… six heures! Tout ça pour ça…

Arrivé à ce stade, à la limite j’aurai été fier de me qualifier au moins pour une décompensation psychotique, ça m’aurait fait des galons. Car de mon point de vue, éveil spirituel et décompensation psychotique sont les deux faces de la même pièce (voir ici et ici).

Je retournai donc sur mon île où je fus accueilli chaleureusement par mes amis, et avec plus de circonspection par l’administration. Je n’ai jamais plus été importuné par le cartel. Les choses avaient été réglées en mon absence et le temps avait également fait son travail. De mon côté, j’avais également reçu des consignes sans équivoque: fais ton boulot de biologiste marin, va plonger, amuse toi et surtout tais toi!

J’aurais pu reprendre mon travail et continuer comme si de rien n’était. Mais durant les 6 mois où j’avais été absent, mon laboratoire avait été braqué deux fois et toute ma recherche était détruite. Quelque peu désabusé et passablement fatigué de l’endroit, je donnai ma démission un mois plus tard et parti voyager sac-au-dos pendant un an, vivant de cours de méditation, de sessions Reiki et de petits jobs divers.

Enfer et paradis coexistent… sur Terre! Et tous les niveaux intermédiaires… A chacun de trouver la clé vers la dimension qui lui plait…

Que tout cela serve de leçon à l’apprenti sorcier: il est de ces forces dans l’Univers avec lesquelles on ne joue pas impunément sans préparation adéquate, à moins de ne souhaiter voir sa réalité s’écrouler. Et d’aller faire un stage en enfer pour raconter des blagues vaseuses au coin du feu en grillant des merguez avec le Diable. L’enfer sur Terre, pas celui des bigots…

Çà peut paraître évident, et pourtant c’est exactement ce que font beaucoup des gens qui rencontrent des difficultés dans l’existence. Gardez à l’esprit que d’une certaine manière, tout dans l’existence est magie!

Et beaucoup créent leur propre enfer en violant le libre-arbitre des autres ou au contraire en leur abandonnant leur pouvoir personnel, en résistant au changement ou à des forces qui les dépassent, en se complaisant dans le rôle de la victime ou les énergies négatives, etc etc…

Cela vous donne aussi une idée de ce qui peut se passer quand on part en croisade pour des idéaux contre des intérêts puissants. Descendre explorer le terrier du lapin jusqu’au plus profond de ses aspects multidimensionnels vous donne un autre regard sur la nature de la réalité.

S’il est bien une chose à retenir, c’est qu’on ne combat pas la réalité des élites frontalement. Créer sa réalité alternative en restant cool, et en se souvenant que tout cela n’est qu’un jeu, est une option bien plus puissante. Un jeu dont l’unique règle à exercer pour soi, et à respecter chez les autres, est le libre-arbitre.


Pour lire les deux premières partie de cette histoire, voir:
Expériences – Du 3ème œil à la Kundalini (1)
Expériences – La Kundalini côté lumière (2)

error: Content is protected !!