fbpx

L’écologie sera-t-elle la religion du XXIème siècle?

On peut difficilement me taxer d’anti-écologisme primaire: j’ai grandi à la campagne, milité toute ma vie pour diverses ONGs écologistes et passé 15 ans de mon existence entre recherche en écologie et conservation marine dans des endroits où les enjeux sont autrement plus sérieux qu’en France. J’aime l’escalade, la plongée, la randonnée en forêt et dormir à la belle étoile.

Mon “aspergo-schizo-bipolarité” fonctionnelle, c’est à dire ma tendance naturelle aux envolées chamaniques, m’a amené à réaliser que je n’étais en fait jamais assez prêt de la nature. Je me dirige donc vers la décroissance et la permaculture, que je n’envisage pas nécessairement comme des solutions collectives, mais comme une impérieuse envie personnelle.

Et pourtant l’écologie telle que je la perçois aujourd’hui me semble terrifiante à bien des égards. Je l’anticipe comme la nouvelle religion à venir après les grands monothéismes qui précédèrent les Lumières et le matérialisme scientifique qui domine depuis. Le culte de Gaïa… La Terre Mère… la Nature… Un type comme moi devrait se réjouir penserez-vous… En fait pas vraiment.

Le problème des religions, c’est qu’elles envoient plein de gens au tapis. L’inquisition est un bon exemple, mais le paradigme techno-scientifique en cours n’est pas en reste. L’écologie échappera-t-elle à ce schéma? On l’espère mais il est permis, nécessaire et même vital de se poser la question. Car la souffrance collective est incompatible avec une écologie spirituelle.

La souffrance collective est également incompatible avec une évolution sereine et par le Haut de l’Humanité… Les appels à la dictature écologique qu’on entend parfois me font donc froid dans le dos. En réalité, une dictature éco-fasciste aurait les mêmes conséquences qu’une guerre en termes de karma collectif et d’aliénation (involution) de l’espèce humaine.

Le chemin vers l’enfer est toujours pavé de très bonnes intentions…

Vous aurez sûrement noté que les pouvoirs politiques en place, bien contents de trouver là une façon d’asseoir encore plus leur emprise sur les masses, se frottent déjà les mains. Les marchés quant à eux se sont déjà adaptés afin de se nourrir de la nouvelle manne écologique collectée sur le dos des classes inférieures.

Comme toute grande religion, la religion écologique aura ses saints, ses martyrs et ses fanatiques, ses grands prêtres, ses hérétiques et bien sûr une masse bêlante d’ouailles dévotes. Il est intéressant de se pencher dès aujourd’hui sur ces différentes catégories qui pourraient marquer le siècle à venir si l’on y prend pas garde…

Les saints de l’écologie

Cette catégorie m’inspire à titre personnel énormément de sympathie: c’est celle qui essaye d’incarner ses idéaux sans rien demander à personne. Quand ça marche pour eux leur impact est extraordinairement positif. La raison en est simple: si vous voulez convaincre le monde de la pertinence d’un système, montrez que ça marche et que ça vous rend heureux!

Ces saints portent diverses étiquettes plus ou moins pertinentes: ce sont les décroissants, les adeptes du bio, de la production locale et des low-techs, les survivalistes et les autonomistes (même si ces termes sont loin d’être parfaits et parfois même porteurs d’une certaine noirceur), les partisans d’un retour aux racines et aux valeurs communautaires, les sportifs d’extérieur…

Ce sont ceux qui collent au plus prêt du fonctionnement naturel de la biosphère, cherchent à respecter ses cycles naturels, la nature biologique de l’humain et l’organisation sociale naturelle des primates. C’est à dire le contraire de ce qu’on a cherché à faire depuis les Lumières. Ils ont par ailleurs l’immense mérite d’être en cohérence avec leur discours.

La tâche n’est pas nécessairement aisée car, bien en avance sur leur temps, ces gens là marchent souvent à contre-courant dans un monde qui n’est pas (encore) conçu pour eux, malgré quelques alternatives remarquables… On notera que cette catégorie n’est pas exempte de dérives, mais après tout, personne n’est parfait à part le Tout (la somme des parties).

Martyrs et fanatiques

Si l’idée d’être le beta-testeur de nouveaux modes de vie (en réalité d’anciens modes de vie réactualisés) est séduisant, attention quand même. Beaucoup s’y sont cassés les dents en essayant d’incarner leurs idéaux un peu naïvement ou en s’opposant frontalement au consensus en cours. Ceux-là sont les martyrs, une position des plus désagréables à incarner à titre personnel.

Réaliser les contraintes dues à l’inertie sociétale en pousse d’autres à la violence, physique, verbale ou simplement psychique. De l’autre côté des martyrs se situent les fanatiques. Ceux-là seraient prêts à génocider la race humaine pour sauver un lapin malade. Je caricature un peu, mais l’exemple des agriculteurs et éleveurs agressés par des militants végans est très parlant.

J’ai même déjà entendu des discours très en vue comme quoi, à terme, l’humanité se devrait de régler le problème de la souffrance des 90% de têtards n’atteignant jamais le stade de grenouille. Ou encore celui de la souffrance des gazelles mangées par les lions. Et ce que cela passe par “éteindre” les lions ou les modifier génétiquement. Belle lumière ah ah…

D’autres vont sauver les serpents “déshydratés” dans le désert en leur donnant à boire… Que d’émotions et de beaux sentiments! Tous ceux-là sont déconnectés de la réalité: ils ne comprennent rien à l’écologie, mais sont très motivés. Et leurs discours portent beaucoup plus loin qu’on ne le penserait. Mais bon, tant qu’ils ne sont pas violents, rien ne justifie la psychiatrie…

Les grands prêtres

Ceux-là sont les plus amusants: ce sont ceux qui disent aux autres quoi faire. Eux-mêmes sont trop avisés pour prendre le risque d’incarner leurs idées. Ils font partie du haut de la pyramide alimentaire et ont souvent des positions très médiatiques. Ils ne cultivent pas la Terre, ils la font cultiver. Ils prêchent la sobriété mais sont riches comme Crésus.

Ils ont un peu de mal à comprendre que le monde n’est pas influencé par leur opinion mais par leur exemple, et que le modèle de société pyramidale qu’ils incarnent et défendent plus ou moins secrètement est la racine même des problèmes écologiques qu’ils dénoncent. Tout le monde n’est pas dupe et ils prêtent plus à rire (parfois jaune si on manque de recul) qu’autre chose.

“Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes”

Enfin on ne leur en veut pas non plus. Après tout ce n’est facile pour personne, et la dissonance cognitive qui les caractérise est sans aucun doute un prix déjà assez lourd à payer. Étrangement, ce sont d’ailleurs ceux qui semblent le plus terrifiés par la condition écologique de la planète. On regarde toujours le monde de là où on est assis…

Les opportunistes

Politiques, médias, stars… Ceux qui parlent le plus sont souvent ceux qui ont le moins à dire… C’est une constante dans l’histoire de l’Humanité… Certains de ceux là se contentent de surfer sur la vague écologique pour booster leur notoriété…

D’autres, qui vous vendent déjà l’eau que vous buvez, se demandent désormais comment ils vont réussir à vous vendre un jour l’air que vous respirez et même les rayons de soleil… Le néo-libéralisme vert en quelque sorte…

Pas grand chose d’autre à dire sur eux en fait… Monkey see monkey do…

Greenwashing et pseudo-solutions se vendent très bien: ils permettent à chacun de s’acheter un petit bout de rédemption. Cela rappelle de fait le commerce des indulgences mis en place au début de l’histoire de l’église, qui permettait à chacun d’acheter son pardon en payant une taxe selon la gravité de sa transgression, du simple larcin au viol ou au meurtre…

Les techno-scientistes hyper-rationalistes

Ceux-là sont les dignes héritiers des Shadoks. Ga Bou Zo Meu… Irrémédiablement confinés dans leur cortex cérébral (côté gauche, celui de la rationalité), la puissance du leur est inversement proportionnelle à tout le reste de ce qui caractérise un humain normalement constitué. Leur devise est “pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?”.

OGMs, voitures électriques, géo-ingénierie, transhumanisme: ils sont fermement convaincus que “les problèmes créés par les inégalités créées par la technologie” vont pouvoir être résolus avec encore plus de technologies qui vont amener encore plus d’inégalités. Certains envisagent même d’enfermer tout le monde dans une réalité virtuelle (voir ici et ).

Amenant par là-même encore plus de déracinement à la Terre et à la nature biologique de l’humain auxquels ils cherchent à échapper, désespérés qu’ils sont de leur petitesse et de ne pouvoir exercer un contrôle absolu sur le monde. Un non-sens… Y’a pas à tortiller sur ça… Faut vraiment avoir des peaux de saucisson sur les yeux pour ne pas le voir.

Juste pour rire un peu, vous connaissez la blague? Celle qui dit qu’on compense souvent sa frustration sexuelle avec de grosses voitures? Plus que de la simple psychologie, cette farce a une portée spirituelle immense!

L’énergie sexuelle est la dimension biologique de la Kundalini, cette énergie qui quand elle se marie à la conscience (le Saint Esprit ou conscience Christique des chrétiens, la conscience Bouddhique, le Grand Esprit des amérindiens, l’Awen des Celtes, etc…) permet d’altérer la réalité en passant par le Haut, c’est à dire par la magie de l’évolution de la conscience.

Et bien il se trouve justement que c’est précisément ce processus qui fait défaut aux techno-scientistes hyper-rationalistes et la raison pour laquelle ils n’ont pas d’autres choix que celui de la transformation de la matière par le Bas, c’est à dire le combo rationalité/high-techs. Dans les faits je pense que ce paradigme est en grande perte de vitesse.

Les techno-scientistes hyper-rationalistes trouveront donc sûrement un grand réconfort et un bénéfice certain à méditer sur la phrase d’Einstein qui disait “on ne résout pas un problème à partir du même niveau de conscience qui l’a crée”. En ce souvenant que conscience et pensée rationnelle sont deux phénomènes bien différents.

Les hérétiques

J’entend ici par hérétiques tout ceux qui sont vraiment contre l’écologie. Gaïa peut bien brûler cela ne leur tirera pas une larme. Attention cependant: je ne parle pas des opportunistes et des gens qui s’engraissent consciemment en exploitant soit les humains soit la nature (en général c’est lié). Non: je parle de ceux qui ont une vraie réflexion anti-écologique intelligente.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, j’ai beaucoup de respect et parfois même d’admiration pour ceux là. En fait ces hérétiques ramènent souvent la discussion sur l’humain et rappellent qu’il est impossible de dissocier la thématique humaniste de la thématique écologique! Il est vrai qu’encore trop peu d’écologistes ont intégré cette non-dualité humain/nature.

Le rôle des hérétiques dans une société est éminemment important! Ils fournissent un contrepoids rafraîchissant à la doxa ambiante et, pour le cas qui nous intéresse, aux conséquences humaines désastreuses que pourraient avoir une application religieuse des lubies vertes de certains écologistes radicaux.

Les hérétiques sont en fait une manifestation très salutaire de la conscience collective humaine, voire de plans d’organisations encore plus élevés: ils sont là pour maintenir l’équilibre entre ordre et chaos, et garantir une évolution la plus fluide possible…

Les hérétiques nous rappellent qu’un cercle n’a pas de côté et que c’est de la confrontations des points de vues qu’émerge la vérité…

La masse bêlante d’ouailles dévotes

J’avoue dit comme ça c’est pas très sympa. Ces termes en apparence fort mal choisis traduisent une réalité dysfonctionnelle. A un niveau plus psychologique, la masse bêlante d’ouailles dévotes, la foule, est également porteuse de la symbolique du féminin sacré. Elle a une énergie Yin et prend la forme donnée par l’énergie Yang des individualités détaillées ci-dessus.

C’est à dire que la foule absorbe l’information qui est distillée au travers des médias et évolue en conséquence. Le poids de l’internet dans nos sociétés modernes offre un terrain de jeu sans précédent pour “fertiliser” l’inconscient collectif avec de nouvelles perspectives et il devient de plus en plus évident que chacun à un rôle à jouer dans ce grand jeu collectif.

La foule elle-même en tant qu’entité a un rôle intéressant: elle est porteuse d’une énergie colossale pour faire émerger de nouveaux leaders ou les crucifier quand ils trahissent leurs engagements. Les leaders (Yang) insufflent des idées à partir de la conscience, la foule (Yin) fournit l’énergie nécessaire à leur manifestation dans la matière.

L’échelle internationale et la vitesse des communications sur internet décuplent encore sa puissance. Pour le meilleur comme pour le pire d’ailleurs, l’intelligence d’une foule étant toujours inversement proportionnelle au nombre d’individus qui la compose.

Déconstruction de tout ce qui précède

Etant donné la nature sensible du sujet, je vais déconstruire tout ce que je viens d’écrire, ce qui épargnera à d’autres le plaisir de le faire, et terminer sur une note positive, car en matière d’écologie et de beaucoup d’autres sujets je suis de nature foncièrement positive.

Vous aurez surement remarqué que les catégories que j’ai choisi de décrire sont purement artificielles. En réalité, ces catégories se chevauchent et il est également possible de jouer un rôle différent selon l’espace/temps dans lequel vous êtes placés ou les gens auxquels vous vous adressez. Les saints des uns sont les hérétiques des autres et réciproquement.

Tout cela est très subjectif. Ces étiquettes sont des rôles qu’on se choisit afin d’évoluer dans le monde et il y a des humains extraordinaires dans chacune de ces catégories. Il est fondamental de le comprendre autrement vous vous attacherez à la forme. Et quand on s’attache à la forme on descend dans le monde de la séparation et de la souffrance.

En réalité, on est loin de comprendre le centième de ce qui se passe… Relaxez vous: rien n’est sous contrôle! Le contrôle est une illusion. Gaïa… Le Tout… vont où ils veulent et rien ne pourra les en empêcher. A vous de comprendre là où ils veulent aller et à vous inscrire dans le mouvement. A marcher dans le Tao comme disent les philosophes chinois.

Il faut également bien comprendre que si à l’étage du bas (séparation) la situation peut sembler critique, à l’étage du haut (unité) tout est toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes, comme auraient pu le dire Voltaire, Spinoza et bien d’autres philosophes et mystiques. Chacun joue son rôle et tout est parfait…

Çà ne remet pas en cause les aspects sombres de la réalité bien sûr (souffrance et destruction)! C’est juste la différence entre la perspective relative et la perspective absolue. On passe de l’étage du bas (séparation) à l’étage du haut (unité). Du chimpanzé à l’humain… ou de l’humain au divin si vous préférez! Prêt pour un peu de gymnastique métaphysico-spirituelle?

Ce n’est pas le monde qui va mal: c’est vous!
Ce n’est pas le monde qui va bien: c’est vous!

Si vous recevez trop de négativité, que votre “monde” va mal, c’est que vous faites partie de ceux qui ne sont pas à leur place et qui peuvent encore évoluer vers autre chose. Vers une réalité plus en accord avec leurs aspirations profondes, la Nature et les lois universelles. Sachez cependant faire la part des choses entre les idéaux que vous avez entraperçus et la réalité.

L’idée n’est pas de sauver le monde, mais d’y trouver votre place.

error: Content is protected !!