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Matrix, allégorie de l’illusion sociétale

Dans le film Matrix, les humains sont emprisonnés dans un monde virtuel par une puissante intelligence artificielle. Ce qu’ils pensent être la réalité est en fait un programme informatique injecté dans leur cerveau alors qu’ils sont plongés dans un profond état comateux.

Ils vivent leur vie entière dans une simulation, sans jamais comprendre que ce qu’ils pensent expérimenter au travers de leur sens est en réalité fait de code informatique crée par une intelligence artificielle. Leur rôle réel en tant qu’humains ne consiste en fait qu’à produire l’énergie qui permet à cette simulation de se maintenir.

Le film Matrix, imprégné de gnosticisme, est une puissante allégorie de l’existence dans nos sociétés modernes…

La société est en effet faite de petites histoires qui ne sont que l’équivalent des codes de la simulation dans Matrix. Des petites histoires qu’on répète, qu’on se transmet les uns aux autres et qui conditionnent notre existence quotidienne, et la nature même de ce que les gens appellent couramment la réalité.

Des petites histoires que peu remettent en cause, sinon pour les remplacer par d’autres petites histoires. Sans jamais réellement prendre assez de recul pour comprendre qu’il s’agit encore et toujours de petites histoires. La condition humaine et la nature profonde de l’existence restant quant à elles inchangées depuis la nuit des temps.

L’identité, le language, l’étiquette, les rôles sociaux, les opinions, l’idéologie, la religion, l’ethnicité, la philosophie, la politique, les règles, les lois, l’argent, l’économie, le travail, la hiérarchie, les gouvernements… ne sont jamais que des constructions mentales qui n’existent nulle part en dehors du bruit généré par notre mental.

Débranchez un instant des médias pour passer quelques instants en forêt, pour méditer ou simplement écouter le champ des oiseaux, et vous constaterez que rien, absolument rien de tout cela n’a aucune existence réelle. Aucune existence dans de la sphère de la réalité qui vous entoure physiquement et immédiatement.

Si je vous demandais de pointer votre pied ou votre genou, vous pourriez le faire instantanément. Mais si je vous demandais de me montrer l’économie, vous ne pourriez que recourir au travers du langage et de ses symboles à un groupe de concepts plus ou moins abstraits.

Pour me montrer l’économie, vous seriez obligé de me raconter… une histoire! Hors quiconque a réussi à faire taire le mental sait que sans le bruit qu’il génère en permanence, rien de ce que les gens appellent couramment la “réalité” ne fait réellement partie de votre expérience immédiate.

Il n’y a pas d’identité, de langage, d’étiquette, de rôles sociétaux, d’opinions, d’idéologie, de religion, d’ethnicité, de philosophie, de politique, de règles, de lois, d’argent, d’économie, de travail, de hiérarchie ni de gouvernement dans votre expérience immédiate. Pas sans les pensées générées par le mental…

En réalité, il n’y a même pas de “vous” (au sens de l’ego) à trouver, puisqu’il se trouve que “vous” n’êtes également fait que de petites histoires. Celles que vous vous racontez à vous-même, celles que les autres se racontent à votre sujet et celles que la société vous attribue en fonction de ses propres cadres normatifs.

Sans le mental, on ne fait que l’expérience d’impressions sensorielles sans formes claires ni limites tangibles. Le champ visuel et auditif, le toucher, le goût et l’odorat, l’intuition, la sensation de l’air qui entre et qui sort de vos poumons, la sensation des pieds sur le sol ou de votre derrière posé sur la chaise… C’est plus ou moins ce qu’il reste de l’existence une fois qu’on en a ôté toutes les petites histoires que notre mental aime tant.

Et pourtant ce sont précisément ces choses qui disparaissent de notre champ d’attention dès que le mental se met en route. Quand le mental commence à produire des petites histoires, c’est l’essentiel qui disparaît! Les apparences dans le champ visuel et auditif sont soudainement divisés, catégorisées et libellées avec des éléments de langage.

L’attention qui leur sera attribuée sera déterminée en fonction de leur capacité à menacer ou satisfaire les peurs et les désirs de cette construction artificielle qu’est ce “vous”.

Vous pouvez ainsi passer des jours, des semaines, des mois voire des années sans réellement payer attention aux sensations dans votre système respiratoire puisque votre attention est en permanence attirée dans une relation avec les petites histoires d’une société qui n’existe que dans votre tête!

“Est-ce que je suis assez bon? Est-ce que je fais le bon choix? Est-ce que je suis trop gros? Pas assez gros? Trop moche? En bonne santé? Il faut que je travaille pour gagner de l’argent. Les impôts arrivent bientôt. Qu’est-ce qu’il y a ce soir à la télévision? Ah, je déteste ce présentateur. Quel con… J’aime bien celui là, il me fait rêver et j’oublie ma misère pour un instant. Et ce politicien? Comment il a pu se faire élire d’ailleurs. Les gens sont trop stupides. Qu’est-ce qu’il se passe aujourd’hui en France? Oh là là… C’est la merde… C’est la faute des socialos… C’est la faute des libéraux. C’est la faute des immigrants, des Russes, des Illuminatis, des bénéficiaires des minimums sociaux, des riches, des reptiliens, de la fée Clochette etc etc…”

Une part substantielle de notre énergie est dissipée dans ces petites histoires dont on est abreuvé en permanence. Elles dominent même l’existence d’un grand nombre d’entre nous. C’est la raison pour laquelle ceux qui sont capables de contrôler ces petites histoires sont capables de nous contrôler.

Et ils ne s’en privent pas! Pourquoi le feraient-ils après tout?

En réalité, la plupart des gens essayent d’exercer un certain degré de contrôle sur les gens qui les entourent. D’autres essayent d’influencer ce que vos cercles familiaux, sociaux et professionnels pensent de vous en définissant des normes. Cela peut se présenter de multiples façons.

Au sein même de la famille, certains passeront leur existence à répéter à leur proches qu’ils ne sont pas assez intelligents, talentueux, ou ceci ou cela… Comme s’ils se devaient de vous empêcher d’avoir plus de succès qu’ils n’en ont eu et que vous vous échappiez de leur réalité.

Cela peut également se jouer dans le couple, un partenaire parvenant à convaincre l’autre qu’il ne trouvera personne d’autre pour l’aimer s’il part. A tous les niveaux, chacun essaye de recruter l’autre à sa propre réalité, ce qui lui permet de valider sa propre existence et ses propres choix. 

Et puis il y a ceux qui ont compris qu’ils peuvent utiliser à leur avantage personnel leur capacité à influencer la façon dont les gens pensent et voient le monde. Les leaders spirituels parviennent ainsi à convaincre leurs suiveurs de leur consacrer leur vie entière.

Les publicitaires parviennent à convaincre les consommateurs qu’ils ont un problème qui ne pourra être résolu qu’avec leur produit. Les participants les plus ambitieux de cette “rat race” apprendront à grimper les échelons en gagnant des faveurs auprès des personnes influentes et en enfonçant leurs compétiteurs.

Les journalistes peu scrupuleux comprendront vite qu’ils avanceront bien plus vite dans leur carrière s’ils racontent des histoires qui favorisent le paradigme officiel sur lesquels les ploutacrates actionnaires majoritaires des grands médias ont bâti leur empire. Ici, on parle de contrôler les petites histoires de pans entiers de la population.

Et puis au dessus, il y a les oligarques. Les maîtres manipulateurs. Les “rois des singes” du monde moderne qui ont compris de longue date cette donnée fondamentale: qui contrôle le narratif contrôle le monde. L’identité, le language, l’étiquette, les rôles sociaux, les opinions, l’idéologie, la religion, l’ethnicité, la philosophie, la politique, les règles, les lois, l’argent, l’économie, le travail, la hiérarchie, les gouvernements: toutes ces constructions mentales n’influencent la société que tant qu’une majeure partie de la population souscrit à leur pertinence!

Si vous avez une influence sur ces choses en lesquelles les gens croient, non seulement vous avez une influence sur la société, mais vous la contrôlez complètement. Les oligarques et leurs minions contrôlent le narratif de sociétés entières!

C’est pour cela qu’au cours de l’histoire on a brûlé des gens et des livres et qu’on a exécuté ceux qui moquaient l’empereur: les idées qui divergent trop du narratif officiel au sujet de la nature du pouvoir, du fonctionnement de l’économie, etc… sont un danger pour le pouvoir en place plus grand que la dague de l’assassin.

A tout moment, dans n’importe quel royaume, le peuple aurait pu choisir de prendre la couronne royale pour la placer sur la tête de n’importe quel vagabond et le traiter comme leur nouveau roi. Et dans les faits, c’est exactement ce qu’il serait devenu. Et il n’aurait fait ni mieux ni moins bien que le “vrai” roi…

La seule chose qui aie empêché cela aura été le narratif dominant à laquelle la société de l’époque avait souscrit. Notamment des histoires de droit divin, de fidélité, de loyauté et de nobilité. La seule chose qui aie gardé la couronne sur la tête du roi, c’est le narratif! Cette petite histoire à laquelle tout le monde avait cru.

C’est exactement la même chose aujourd’hui! La seule chose qui aie changé étant le narratif auquel le public souscrit. L’éducation et l’endoctrinement médiatique permanent a fait croire aux gens qu’ils vivent dans des pays démocratiques et libres, où le pouvoir est confié de manière temporaire à des gens redevables de leurs actes.

En réalité, le gouvernement et l’économie sont sous contrôle d’une élite ploutocratique qui est également propriétaire des médias. Ceux-ci définissant le narratif et le cadre même de la réalité, la liberté du choix, qu’il soit électoral ou autre, semble finalement une illusion grotesque.

La bonne nouvelle est qu’il est parfaitement possible de se réveiller et de se débrancher de la matrice.

Cela n’a rien de facile et ne produit pas en une nuit. Cela prend du temps. Un vrai travail intérieur. Et de l’humilité. Personne n’aime admettre qu’il a été roulé dans la farine toute sa vie. Et l’ampleur de la farce est telle qu’il est facile de se dire libéré avant que ce ne soit réellement le cas.

Les gens de gauche par exemple pensent être libres parce qu’ils ont su voir au travers de l’illusion du capitalisme. Et gens de droite pensent être libres parce qu’ils ont su voir au travers de l’illusion du socialisme! Chacun étant persuadé d’être du bon côté du manche!

Les partisans de la médecine conventionnelle pensent être libres parce qu’ils ont su voir au travers de l’illusion des médecines alternatives. Et les partisans de la médecine alternative pensent être libres parce qu’ils ont su voir au travers de l’illusion de la médecine conventionnelle! Il en va ainsi de chaque débat sociétal!

Peu comprennent que chacun essaye de contrôler le narratif à son avantage! Celui qui a compris cela est libre de toute querelle. Il peut toujours faire des choix, mais il sait qu’il ne s’agit que de choix personnels, et en aucun cas d’une vérité absolue qu’il serait en droit d’imposer à la société entière.

Celui qui comprend cela ne peut plus prendre parti dans des luttes fratricides ou des débats stériles. Pourquoi ou plutôt contre qui se battre en effet quand on a compris qu’un cercle n’a pas de côté?

Au travers de l’introspection et d’une quête humble et sincère de vérité, il est possible de se libérer de la matrice et de comprendre l’ampleur du conditionnement programmé dans le collectif par ceux qui contrôlent le narratif, qu’ils représentent le courant dominant ou la “résistance” d’ailleurs.

Il ne s’agit pas de comprendre seulement l’endoctrinement qui se produit quotidiennement dans nos vies d’adultes. Mais de comprendre comment cela nous a été instillé depuis notre plus tendre enfance, par des parents qui sont eux-mêmes passés par un processus similaire.

Il ne s’agit pas seulement du monde moderne, mais de l’histoire de l’humanité dans son entier, à travers les continents et à travers les âges. C’est là la réalité dans laquelle nous sommes nés, et notre personnalité tout autant que notre société, a été filtrée et modelée au travers de ce processus.

S’échapper de ce monde implique nécessairement une profonde transformation. De devenir… autre chose! Les idées, les habitudes et les modalités d’interaction au monde ne sont plus alors utiles que pour continuer d’assurer les fonctions vitales. Le gîte et le couvert en quelque sorte. Le reste n’étant qu’illusion.

Il s’agit en fait de changer complètement de “logiciel”. C’est là un travail difficile. Bien loin des solutions qu’on essayera de vous vendre. Vous ferez de nombreuses erreurs sur le chemin. Vous trébucherez, comme un enfant apprenant lentement à marcher. Mais éventuellement vous parviendrez à vous défaire des vieux programmes.

Sur le chemin vous pourriez également rencontrer les agents Smith. Les gardiens de la matrice. Ceux-là n’ont pas tant pour vocation de vous faire rentrer dans le rang que de vous empêcher de remettre en cause le statu quo. Ils se présentent sous la forme de membres de votre famille, d’anciens amis, de collègues…

Autant de gens qui, même s’ils vous aiment, seront profondément perturbés par la nature de la réalité que vous leur présenterez. Rien de personnel cela dit. Vous auriez tort de vous offenser. Il vaut mieux considérer les réactions parfois violentes que vous susciterez comme faisant partie du jeu ou comme… une mise en garde.

Car si vous faites trop de bruit et que les agents Smith de base ne suffisent pas à vous calmer, vous pourriez fort bien rencontrer des gens plus sérieux. Et avoir affaire à l’Oracle, au Mérovingien, au Maître des clés voire au grand Architecte.

Allez savoir qui vous allez rencontrer alors que vous suivrez le lapin blanc au plus profond de son terrier.

Traduction libre d’un article de Caity Johnstone.

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