fbpx

Pervers narcissiques & psychopathes: les grands méchants loups?

Une simple recherche internet montre que le sujet des pervers narcissiques et des psychopathes est une préoccupation importante dans le collectif humain. Livres, articles ou vidéos, les témoignages de “victimes” abondent et c’est peu dire que les narcissiques pervers et les psychopathes ont mauvaise presse…

Ici je vais essayer de présenter un point de vue un tant soit peu différent des discours dominants. Un discours dans lequel il n’y a ni victime ni bourreau, juste une interaction humaine qui tourne mal et qui fait de lourds dégâts (l’idée n’étant bien évidemment pas de minimiser la souffrance des gens qui ont fait l’expérience de telles interactions).

Si on en croie les psychologues, la différence entre le pervers narcissique et le psychopathe est subtile. Le premier souffrirait d’un manque de reconnaissance l’amenant à pomper l’attention de l’autre jusqu’à épuisement, quand le second serait au contraire caractérisé par une sorte de super ego qui, dans sa tête, lui donne le droit de tyranniser ses victimes.

Il se trouve que j’ai personnellement déjà eu affaire à un narcissique pervers et à un psychopathe. Presque simultanément d’ailleurs, et ces deux rencontres sont d’ailleurs au cœur du burn-out/décompensation psychotique/éveil spirituel que je décris ici. C’est donc en quelque sorte en connaissance de cause que j’en parle aujourd’hui.

On est toujours deux dans l’affaire…

Le premier point qu’il me faut mentionner est que ces deux personnes que j’ai rencontrées n’étaient pas fondamentalement mauvaises. Malgré leur structure psychique à tendance narcissique pour l’un et psychopathique pour l’autre, j’ai eu avec eux une relation parfaitement normale avant qu’elle ne dégénère.

Vous percevez peut-être ici la nuance que j’essaye de faire: c’est au travers de ma relation avec elles que ces personnes ont manifesté des traits de personnalité dont j’ai fait les frais à un certains moments! Mais elles comme moi maintenions avec les personnes extérieures des relations normales. Qu’avais-je donc pu moi-même faire pour que la situation en arrive là?

J’aime à penser qu’il n’y a pas de loup sans mouton. Ni de bourreau sans victime. Si la psychopathie est le trait qui consiste à faire abstraction des émotions et des sentiments des autres, quelle est son autre polarité? L’excès d’empathie! C’est l’excès d’empathie qui aura fait que je trouvais toujours des excuses pour les comportements toxiques de la première personne.

Si le narcissisme (“moi je”) est une blessure egotique qui pousse une personne à “pomper” attention et énergie chez l’autre jusqu’à ce que celui-ci ne soit plus qu’une coquille vide et épuisée, quelle est l’autre polarité du narcissisme? Encore une fois c’est évident: l’excès d’altruisme. Le don pathologique de soi, de ses ressources, de son attention ou de son temps!

Mais pourquoi moi?

Probablement à cause de résidus de judéo-christianisme profondément ancrés dans l’inconscient collectif, l’altruiste et l’empathe ont plus la cote que le narcissique et le psychopathe. Pourtant, pousser le don de soi et l’empathie jusqu’au sacrifice est aussi pathologique que manifester les polarités inverses, puisque cela peut amener in fine à la destruction de sa propre identité.

Finalement les interactions avec les narcissiques pervers et les psychopathes ont juste pour vocation de ramener un sain rééquilibrage des polarités entre les deux individus. Contrairement à ce que la bien-pensance le voudrait, tout n’est pas tout blanc tout noir. L’idée est peut-être bien de n’être ni trop psychopathe ni trop empathe, ni trop narcissique ni trop altruiste.

Car c’est seulement quand on est à l’équilibre qu’on peut avoir une interaction saine avec les autres. Une interaction dans laquelle notre individualité mais également les autres sont respectés. D’un point de vue spirituel, c’est sur la voie du milieu chère aux taoïstes qu’on évite les attachements (au sens bouddhiste) pathologiques!

J’ai vécu moi-même ce processus de re-équilibrage. Suite à ma propre expérience, j’ai appris à marquer mes limites et à ne plus faire preuve d’empathie ou d’altruisme déraisonné. J’ai lu un jour un psychologue qui disait qu’il était parfaitement normal de passer par une phase de colère noire voire de haine envers son bourreau. Que cela faisait partie du processus.

Le processus de guérison

On est bien loin des discours simplistes et d’une spiritualité délétère qui consisterait à pardonner sur le champ à son agresseur voire à en redemander (“tendre la joue”). Bien sûr l’idée n’est pas d’aller casser la gueule à son bourreau! Ahahah… Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit hein! Ce serait contre-productif et ne ferait que perpétuer la relation bourreau/victime…

Mais guérir d’une relation toxique passe de fait par plusieurs phases. Et le pardon, bien que nécessaire, ne vient qu’en dernier. Peut-être que la nuit noire de l’âme, la dépression et le poison de la rancune qui caractérisent la sortie d’une relation toxique font partie intégrante du processus de guérison et de transformation (“transmutation”) psychique qui doit prendre place.

Par contre, si le processus se passe bien, vous n’attirerez vraisemblablement plus jamais à vous ni narcissiques ni psychopathes… Ou plus exactement, dans la mesure où vous aurez trouvé votre propre équilibre et réajusté vos propres limites, des personnes engagées ailleurs sur ce type de schémas toxiques s’engageront avec vous sur une modalité plus saine…

Ceux qui ont une structure narcissique ou psychopathique trop marquée pour que vous puissiez contrebalancer leurs énergies vous fuiront comme la peste. Et de manière amusante, ce sont peut-être alors ceux là qui vous percevront comme un narcissique ou un psychopathe. Parce que quelque part on est tous le narcissique ou le psychopathe de quelqu’un d’autre!

psychose

Inversons les perspectives

Soyons bien conscient que même si les victimes ont plus la cote que les agresseurs, les psychopathes et les pervers narcissiques eux aussi sont des êtres en souffrance. Quoi de pire en effet que de se comporter en monstre ou d’être perçu comme tel? Comme la victime, l’agresseur a également la possibilité d’évoluer au travers de ses relations.

La tendance à ne regarder qu’un aspect des choses et la vulgarisation de la psychologie amènent un peu trop tendance à coller le label pervers narcissique ou psychopathe sur n’importe quelle relation qui finit mal. Dans les faits, les gens qui reproduisent ce type de schéma toute leur existence jusqu’à réellement devenir des “monstres” et s’y complaire sont minoritaires.

Par ailleurs, la capacité à faire abstraction des sentiments des autres a également une fonction dans le groupe social. Celle du leader! De celui qui donne une direction à suivre au groupe qui autrement serait incapable de se mettre d’accord. Des études suggèrent d’ailleurs que 15 à 20% des patrons d’entreprises ont une structure de type psychopathique.

Les médias, le “star-system” et les réseaux sociaux sont également une source inépuisable d’exemples de relation narcissique avec le public qui nourrit leur ego! Ces personnes ont-elles une vie plus heureuse que celle de leurs fans? Savent-elles mieux la vraie nature de l’existence? Probablement pas, même si de toute évidence ils maîtrisent l’art de le faire croire!


Lire aussi:
Se reconstruire après un épisode psychotique.

error: Content is protected !!